Sélectionner une page

Ancienne entrepreneure ayant déposé le bilan, aujourd’hui de retour (temporairement) dans le monde salarial, je suis parfois surprise de l’image que le statut d’entrepreneur peut refléter au travers des réseaux sociaux. Flexibilité des conditions de travail, être seul décisionnaire, avoir son propre libre arbitre, sont d’autant d’avantages qu’offrent ce statut. Mais il semblerait qu’il subsiste un gouffre entre la réalité du quotidien d’un auto-entrepreneur et l’image que nous renvoient certains comptes ou stories Instagram.

Parce que non, être entrepreneur ce n’est pas toujours travailler dans un co-working de rêve, sur son macbook pro, smartphone dernière génération à portée de main (car tu es hyper connecté) et agenda entre ouvert à la date du jour avec une to do list longue comme le bras, que tu réaliseras bien évidemment dans la journée.

Parce que oui, tu as le droit d’avoir un bureau sur lequel il n’est pas possible d en voir la couleur parce que la paperasse a pris le dessus. Que lorsque tu déterres ton téléphone de cette pile de papiers, tu te rends compte que tu as 15 appels manqués tellement que tu étais pris par ton travail et qu’accessoirement la nuit est tombée sans que tu t’en aperçoives.

Parce que non, être entrepreneur ce n’est pas toujours déjeuner en terrasse au soleil dans des coins agréables ou improbables de la ville (adresse dégotée grâce à ta BFF instragrameuse culinaire). Ou encore, déguster un pokebowl réalisé avec les restes, que tu « as fait à la va vite avec les restes du frigo ».


Parce que oui, tu as le droit de te rendre compte que tu as sauté un repas, et qu’encore aujourd’hui tu n’as pas pris le temps de t’arrêter, souffler et déguster ton déjeuner. Tu le feras demain, là tu as trop de travail. A la limite, tu prends 2 minutes pour t’enfiler un jambon/beurre ou la plâtrée de pâtes au ketchup qui traîne dans ton frigo.

Parce que non, être entrepreneur ce n’est pas voyager tous les 2 jours car « tu as tellement de liberté quand tu es ton propre patron ». 


Parce que oui, tu passes parfois des journées entières devant tes tableaux Excel, des plans prévisionnels ou autre… Et que la solitude peut être omniprésente, que l’endroit où tu travailles peut te sembler être une prison dorée et que tu as le droit d’avoir des phases basses. Les montagnes russes sont un concept par lequel tu passes forcément.

Parce que non, être entrepreneur c’est rarement faire 35 heures par semaine… mais plutôt en quelques jours.


Parce que oui, si tu ne travailles pas, tu n’as pas de rentrée d’argent. Mais tu as aussi le droit de t’accorder un break dans ta journée ou ta semaine pour ne pas terminer la tête dans le guidon et garder cette passion qui t’anime au quotidien. Tu as également le droit de travailler les jours fériés ou les weekends si cela te chante. C’est ton rythme, à toi de le trouver quelqu’en soit les avis extérieurs.

Parce que non, être  entrepreneur ça ne s’apprend pas en 4 leçons du cours du soir même si on t’inculque les bases d’un business.


Parce que oui, et sans que tu le veilles, tu rentres en guerre avec l’URSSAF ou tout autre organisme qui t’enverra le même courrier 15 fois malgré tes réponses, qui te réclamera de l’argent, puis t’annoncera que tu as un crédit chez eux, mais que non, finalement tu mérites une mise en demeure… « Cette communication vous sera facturée 0,118€/minute ».

Tu auras peut-être des angoisses, à te demander comment boucler tes fins de mois, comment faire pour obtenir plus de clients, comment les faire payer en temps et en heure, à t’en épuiser la santé ou le psychique parce que tu veux tout faire, être sur tous les fronts mais que les journées ne durent que 24 heures…
A te demander pourquoi tu t’es lancée dans ce projet qui à ce moment là, te semble totalement fou. N’oublie seulement pas que oui, tu l’as fait et tu auras toujours ce mérite de l’avoir fait.
Parce que oui, tu feras quand même des erreurs mais qu’après tout, il n’y a que ceux qui ne font rien qui ne font pas d’erreur.

Loin de moi l’idée de me faire l’avocat du diable ou d’en démoraliser certains. Mais je pense qu’il est nécessaire, au vu de publications « vis ma vie d’entrepreneur épanoui comblé » parfois bien éloignées de la réalité, d’annoncer certains points essentiels de la (vraie) vie cachée des auto-entrepreneurs.
Libre à chacun de vivre cette expérience comme il le souhaite, et d’en faire sa propre interprétation.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *